samedi 16 novembre 2013

Les fées, moi, et mon problème avec Disney


     Voici le premier d’une série de petits articles, qui vous expliqueront comment j’en suis arrivé à écrire La Petite Fée de Noël, mon prochain livre à paraître.



     Entre les fées et moi, c'est une vieille histoire. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, nos rapports n'ont pas toujours été sans heurts. Notre première rencontre date de ma petite enfance. Les contes que les adultes me racontaient nourrissaient en moi l’impression de bien connaître ces dames, et je me faisais d’elles une idée très précise. Tout cela à cause d’une illustration en particulier, qui pendant très longtemps est demeurée ma seule référence.

     Mes parents m’avaient offert un livre magnifique, où la fée bleue, celle de Pinocchio, m’apparaissait sous les traits d’une très belle femme : grande, mince, un joli visage, une robe somptueuse aux dégradés de bleu, une longue chevelure brune surmontée d’un hennin dont le voile recouvrait des épaules nues, de grandes ailes à la fois transparentes et lumineuses. Bref, une image parfaitement sexiste, mais une image très agréable à regarder tout de même. Et puis surtout, au-delà de sa beauté, le charisme de cette fée m’impressionnait. Elle possédait notamment une sorte de calme à toute épreuve qui me laissait béate d’admiration.
   
      Alors quand je suis tombée sur les trois petites fées de la belle au bois dormant de Wall Disney, j’ai eu un choc. Visuellement, elles étaient très différentes des fées telles que je me les représentais. Flora, Pâquerette et Pimprenelle m’étaient fort sympathiques, mais leur look me laissait dubitative. Elles avaient certes des ailes et possédaient une baguette magique, mais malgré les pouvoirs dont elles semblaient investies, elles me faisaient plutôt penser à des petits farfadets turbulents, incapables de disserter avec sagesse. Je ne pouvais absolument pas les prendre au sérieux. Elles ne correspondaient pas du tout à l'idée que je me faisais des fées. J'étais très sévère dans mes jugements à l'époque, et je leur trouvais un manque de classe flagrant pour représenter la caste des fées.



     Lorsque j’ai découvert ce que la version Disney avait fait de celle de Pinocchio, je n’ai pas davantage adhéré. Physiquement, c’est vrai qu’elle était plutôt jolie, bien que j’aie toujours eu un problème avec sa coiffure. Mais côté caractère… Mis à part une grande gentillesse, j’avais l’impression qu’on avait édulcoré tout ce qui faisait la force de ma fée bleue. Et ne parlons pas de la fée Clochette, que j'assimilais alors à une sale gosse. Seule celle de Cendrillon trouvait davantage grâce à mes yeux, car j’aimais beaucoup son côté grand-mère. Mais malgré un tempérament plus affirmé que celle de Pinocchio, il manquait à cette vénérable personne un petit quelque chose pour que le courant passe entre nous.


     Ce petit quelque chose, ce zeste de crédibilité magique, je l’ai retrouvé bien plus tard, lorsque j’ai découvert un conte qui m’avait jusque-là échappé. Un conte de Hans Christian Andersen. Ce conte, et de ce qu’il advint alors de ma représentation des fées, je vous en parlerai au prochain épisode. Et vous verrez que loin de lisser ma relation avec ces belles dames, cette découverte ne l’en a que compliquée davantage. 

2 commentaires: