vendredi 18 avril 2014

Dis-moi ce que tu écris...


     Quel écrivain n'a pas un jour eu droit à cette question (plus ou moins innocente) : "Mais dites-moi, dans quel genre écrivez-vous ?" Personnellement, celui ou celle qui me la pose a intérêt de disposer de plus d'une minute s'il désire que je lui fournisse une réponse correcte. Car ma petite muse a ceci de particulier, qu'elle me guide parfois là où l'on ne m'attend pas.

     Curieux de nature, je vous invite à me suivre aujourd'hui pour un petit tour d'horizon, qui vous permettra de mieux vous familiarisez avec mes productions, pour le moins éclectiques. A la clé, un jeu pour vous. Essayez de me ranger dans une "case". Qu'y gagnerez-vous ? Le plaisir de me surprendre, si je ne suis pas d'accord avec vous ^^.

     Allons-y, et pour que la route vous paraisse moins longue, je vais la ponctuer d'extraits.

 

      Je débuterai par un genre que je qualifierai "d'imaginaire" au sens large (parce que si je commence à rentrer dans les sous-cases, ce billet risque de s'allonger dangereusement ).

  • On y trouve ma dernière parution chez Laska, La Petite Fée de Noël Une romance, qui raconte  l'amour contrarié entre une fée et un humain, dans notre monde contemporain bien peu adapté à croire encore à la Féérie.

"Mais pour Gaëlle, le charme de ce sourire se rompit à l'énoncé de son patronyme. Elle faillit s'en étrangler. Pas étonnant que sa physionomie lui rappelle vaguement quelque chose ! Si elle se trouvait actuellement prisonnière de ce monde de fous, c'était à cause de lui. Ou plutôt du geste qu'elle avait eu en sa faveur un soir de Noël, vingt-et-un ans plus tôt. Ce qui franchement revenait au même."


  • Viens également se ranger dans cette catégorie le second tome qui se rattache à cette série, et que je viens de terminer d'écrire. Sera-t-il retenu par mon éditrice ? Mystère et boule de gomme (au moment où je rédige ce billet, tout au moins). 
  • Edit de juillet 2014: Cette suite paraîtra chez Laska en décembre 2014, sous le titre de Le défi des anneaux nuptiaux.

"L’idée qu’un autre voleur ait l’audace de pénétrer ce lieu saint la troubla. Les fées semblaient ressentir un tel respect pour l’Étoile Céleste, qu’elle n’imaginait pas l’une d’entre elles capable de tromper ses semblables de cette manière. Elle ne pouvait néanmoins pas s’attendre à rencontrer un allié sur ce territoire. Au contraire, l’opportun ne se gênerait certainement pas pour lui faire porter le chapeau si les évènements dérapaient. Elle allait devoir se montrer extrêmement prudente."

  • A ceci s'ajoute un projet de longue haleine qui me tient à cœur, et qui s'inscrit dans la fantasy pure, au-delà du cadre de la romance (même si un couple s'y forme).
 
"Exploitant sa mémoire ancestrale, Solara identifia un gnome, mais elle fut incapable de dire si celui-ci était particulièrement laid, ou si c’était là les caractéristiques ordinaires de leur espèce. L’enfant découvrait avec un certain dépit que cette mémoire ne lui ouvrait que les lignes préconçues d’un monde, à charge pour elle d’en découvrir les détails pour affiner ses propres perceptions, élaborer ses définitions et se créer des souvenirs personnels. Lui retournant son mépris, le nouveau venu se contenta de la balayer d’un regard insignifiant, avant de saluer fort courtoisement Zela en s’inclinant devant elle."

     
     Beaucoup de fantasy me direz-vous ? Est-ce donc là mon genre de prédilection ? Eh bien, peut-être pas, vous répondrai-je. Car avant d'écrire dans la fantasy, j'adore me perdre dans les méandres de l'histoire.

  • Il y a naturellement, La colline de l'oubli , ma première publication chez Laska. Une autre romance, qui parle d'Indiens et d'une communauté presbytérienne, dans les États-Unis de la fin du XIXè siècle.

"D’un côté, l’existence d’une version féminine du petit Indien du passé me ravissait, tandis que de l’autre, l’énigme Mahpee s’épaississait. J’étais curieux de savoir ce que cet enfant facétieux était devenu, mais je me doutais que ce genre d’indiscrétion ne serait pas de son goût. Les membres des tribus se montraient généralement avares de renseignements lorsqu’un homme blanc les interrogeait. D’autre part, il me fallait ramener rapidement Irina chez nous."

  • Mais il existe également une nouvelle, qui devrait sortir d'ici la fin de l’année. Celle-ci se passe en Inde, et met en scène les colons anglais dans un pays de maradja. Elle se situe également à la fin du XIX siècle. 
  • Edit de juillet 2014: Cette nouvelle paraîtra  chez Laska en octobre 2014, sous le titre de Le tigre de la destinée.

"Lord Beltran couva son enfant d’un regard attendri. Tel un papillon passant de fleur en fleur, Cynthia virevoltait dans le salon. Rien n’était trop insignifiant pour échapper à son enthousiasme. La corbeille de fruits en raphia et les coussins de velours prune attiraient autant son attention que les meubles en bois rare, le secrétaire incrusté de corail ou les grands vases peints d’animaux fabuleux. Depuis le matin, la jeune fille s’extasiait, battait des mains, poussait des petits cris de joie. Arrivée la veille au soir, trop tard pour visiter le palais, elle rattrapait sa frustration en parcourant chaque pièce de la vaste demeure sans manifester la moindre lassitude."

     Suis-je donc à ce point fascinée par le XIXe siècle, que tous mes récits historiques y trouvent leur terreau ?
     Point du tout... ^^. Jugez-en:

  • Je viens de commencer une nouvelle série, qui aura pour cadre la France médiévale du début du XVe siècle

"De bonne volonté, Isabelle n’hésitait pas à tondre les moutons, à carder la laine et à la filer. Au printemps, elle surveillait les agnelages, et en été elle participait aux moissons si les bras manquaient. Autant d’activités qui l’éloignaient de son rôle de dame, et qui la stigmatisaient aux yeux des familles à la recherche d’une bru susceptible de montrer les manières d’une châtelaine bien éduquée. Autour d’elle, toutes les filles de noblesse de plus de quinze ans étaient fiancées, si ce n’était déjà marié. Un temps, elle s’était sentie lésée. Pour la consoler, Eudes répétait qu’il ne la donnerait qu’à un homme capable d’apprécier toutes ses qualités. Une douce illusion, qui lui avait permis de se résigner sans larmes."

  • J'ai aussi dans mes cartons (et dans mes fichiers d'ordinateur), un roman d'un genre plus noir, qui traite du début de la Révolution française, A travers les drames vécus par une famille de nobles Auvergnat, j'illustre également le combat quotidien d'un jeune homme qui se retrouve brusquement soumis à un handicap physique majeur.

"Exténué de fatigue, Michaël avait rapidement perdu la notion du temps. Seules les saisons le renseignaient sur la fuite des jours. Il avait d’abord vu s’installer l’hiver avec appréhension. Si les journées étaient plus courtes, il lui fallait lutter contre le froid vif des nuits. Recroquevillé sur sa couche, il mettait parfois des heures avant de s’endormir. Tremblant de froid, il redoutait de sortir lorsque la neige cachait des pièges qu’il n’évitait pas toujours. Les pieds glacés et les doigts gourds, il espérait alors que sonnât l’heure des tristes repas, pour se réchauffer un peu à l’intérieur du bâtiment. Avec surprise, il avait ensuite senti renaître sous ses doigts les bourgeons d’un arbuste et perçu sur sa peau l'haleine du vent printanier. Combien de mois s’étaient-ils écoulés depuis son enfermement " 

  •  Si j'arrive à le réécrire correctement, je devrais aussi présenter un roman se passant sous Louis XIII, dans notre belle campagne française du XVIIe siècle. Une pure romance cette fois-ci. Mais une romance qui s’étale sur plus de dix ans de vie, à la lumière des mariages arrangés et des amours perdus.

"Profitant d’un mouvement pour saisir un pichet de vin, elle jeta un regard à leur hôte, trop occupé à converser avec son voisin de table pour s’apercevoir de son intérêt. Habillé d’un riche habit de drap brun, Joseph présentait l’air radieux d’un seigneur qui fait plaisir à ses obligés. Un instant la jeune fille se demanda ce qu’elle ressentirait de partager le lit d’un tel homme. Satisfaction d’avoir été remarquée ? Impression de sécurité ? Ivresse du pouvoir ? Aucune de ses représentations n’entrait dans sa vision de l’amour véritable, et elle les chassa bien vite pour se concentrer sur ce qui se passait autour d’elle. Tout, plutôt que de céder à l’attrait de cette fortune offerte. Ce rusé ne l’avait installée en face de lui que pour essayer de la circonvenir en la tentant de la pire des manières. Mais il était hors de question qu’elle lui cédât encore du terrain."

 

     Au final, donc, l'historique semblerait l'emporter haut la main. Il existe pourtant un autre genre où je n'ai pas hésité à m'aventurer. Celui du M/M (roman gay pour les non-initiés).

  • Déjà, avec La Colline de l'oubli , qui outre d'être un historique, parle du problème de l'identité sexuelle.

"Mahpee… Chumani… Garçon… Fille… Mais de qui étais-je réellement tombé amoureux ? De Chumani, à travers le souvenir attendri de Mahpee? Ou de Mahpee, à travers la ressemblance extraordinaire de Chumani ? Et pour finir, je me heurtais à la réalité de l’homme/femme indien, que des décennies de traque n’avaient, semble-t-il, pas éradiqué. Si je réfléchissais encore une seconde, j’allais devenir fou"

  • Mais aussi avec un autre roman, contemporain celui-là, dont l'action principale se passe dans la forêt Amazonienne.
  • Edit de juillet 2014 : Le secret du fleuve est publié depuis le 19 mai 2014 à Les Editions Textes Gais.
" Dire que Fabien avait été fâché d’apprendre qu’il s’installait avec le Brésilien frisait l’euphémisme. Il n’avait pas mâché ses mots, et Yann avait décelé un mépris certain derrière ses propos. Le jeune homme savait son collègue homophobe, mais il n’aurait jamais pensé qu’il se braquerait de cette manière. Yann considérait Fabien comme un ami, et il avait la conviction que la réciproque était vraie. Un peu naïvement, il avait cru que cette amitié éviterait un rejet aussi virulent. Au contraire, Fabien semblait parti en croisade pour le faire rentrer dans ce qu’il estimait le droit chemin. Il en voulait d’ailleurs apparemment davantage à Celio qu’à lui-même, bien qu’une prudence élémentaire le retînt d’attaquer de front le Brésilien" 
 

Et pour clore cette liste à la Prévert, je vous livre ma dernière incursion, qui s'aventure du côté du thriller noir.


"D’aussi loin qu’il se souvenait, Franck possédait la faculté de se rappeler ses rêves lorsqu’il s’éveillait. Peu sujet aux cauchemars, il appréciait d’autant plus cette capacité qu’elle nourrissait son imaginaire de romancier. Ses thrillers, à la fois fantaisistes et haletants, devaient une grande partie de leur renommée à la dose d’humour noir qu’ils véhiculaient. Humour souvent puisé au sein de son endormissement. Mais en aucun cas, cette dérision grinçante ne basculait dans l’horreur. Et là, celle qui le hantait depuis bientôt trois semaines menaçait d’ébranler jusqu’aux piliers de sa vie ordinaire."



 

    A cette liste s'ajoute également de la poésie. Mais sur cela, ma petite muse et moi reviendrons un autre jour.


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